Tu dégustais tranquillement un carré de chocolat noir 100% (ou 70%, personne n’est parfait) quand tu es tombé sur un article un peu alarmant qui t’a tout fait remettre en question “Cadmium dans le chocolat, faut-il arrêter d’en manger ?”.
Tu n’as pas encore lu l’article que tu regardes tous tes produits chocolatés avec un œil méfiant. Dont ta protéine en poudre au chocolat. Est-ce qu’ils méritent encore ta loyauté, ou devrais-tu simplement t’en affranchir et faire une croix définitive sur le cacao (spoiler : non).
En mars 2026, l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation) a publié un rapport d'expertise collective sur l'exposition des Français au cadmium. Un rapport sourcé, sérieux, qui a alimenté pas mal de couverture médiatique depuis.
Le problème, c’est que le traitement de cette information a eu tendance à mettre tous les aliments concernés sur le même plan, alors que la réalité est plus nuancée, et dépend de plusieurs facteurs, notamment géographiques. Et en ce qui concerne les protéines en poudre contenant du cacao, c’est le même sujet : il faut regarder la qualité du produit, et sa provenance. On décrypte.
D'où vient le cadmium dans le cacao ?
Le cadmium, c'est quoi exactement ? C'est un métal lourd naturellement présent dans certains sols, notamment ceux d'origine volcanique, et qu’on peut retrouver dans un certain nombre d’aliments du quotidien : céréales, pommes de terre, légumes-racines, cacao…
Ce n'est pas une pollution industrielle récente, c'est une réalité agronomique qui existe depuis toujours. Certains sols en contiennent plus que d'autres, tout simplement parce que la composition géologique du terrain varie d'une région à l'autre.
Le sujet, c'est que certaines plantes ont la particularité d'absorber et de concentrer ce cadmium au cours de leur croissance. Le cacao en fait partie. Ce n'est donc pas un problème de fabrication ou de formule, c'est simplement une caractéristique naturelle de ces plantes, qui absorbent les minéraux présents dans le sol où elles poussent, le bon comme le moins bon.
En mars 2026, l'ANSES a publié son rapport d'expertise collective sur le cadmium, qui a remis le sujet au premier plan dans la presse grand public. Le rapport distingue deux niveaux de responsabilité : ce qui relève du producteur (l'origine des matières premières, le sourcing, les contrôles par lot) et ce qui relève du consommateur (la dose ingérée au quotidien, l'exposition cumulée sur l'ensemble de l'alimentation). Ce sont ces deux dimensions qu'il faut avoir en tête pour lire le sujet correctement.
Pourquoi l'origine géographique change tout
La concentration en cadmium d'un aliment comme le cacao ou la maca dépend directement du terrain sur lequel la plante a poussé. Certaines zones de culture se trouvent historiquement sur des sols plus chargés, notamment dans des régions à forte activité volcanique ancienne ou récente, alors que d’autres zones présentent des niveaux naturellement bien plus faibles.
Les zones les plus chargées en cadmium pour le cacao se situent principalement dans certaines régions d’Amérique du Sud à forte activité volcanique.
Pour Bold Chocolate, notre protéine goût chocolat, le cacao vient de République Dominicaine. Les sols de l’île sont majoritairement d’origine marine, ce qui les distingue des zones à forte concentration en cadmium.
La proportion compte autant que la présence
C’est une confusion fréquente dans les articles sur le sujet, et elle mérite d'être démêlée : la présence de cadmium dans un ingrédient qu’on consomme régulièrement n’est pas forcément synonyme d’une exposition problématique.
Le cadmium fonctionne sur l'exposition totale et cumulée. Ce n'est pas un produit qui fait des dégâts instantanément à la première cuillère. C'est l'accumulation dans le temps, dans l'organisme, qui est en question. Une portion d’un produit contenant un peu de cacao n'est pas comparable à manger deux grandes tablettes de chocolat noir tous les jours.
Et dans le cas des protéines en poudre, c’est précisément ce qu’il se passe. On utilise du cacao dans certains goûts, mais il ne représente qu’une petite partie du blend final - la majeure partie de ce dernier étant représentée par les autres ingrédients, et notamment les protéines. Le cacao n’est pas majoritaire dans la formule.
Ce que fait Maison Protéine, et ce que tu peux faire de ton côté
Une fois qu’on a dit ça, comment vérifier rapidement si une marque présente des risques à ce niveau ?
1. Retourne le sachet de ta protéine en poudre au chocolat, ou va sur le site de la marque, et cherche l'origine du cacao. Si la marque l’affiche clairement, c’est plutôt bon signe. Et si rien n'est précisé, c'est déjà une information. Sur le marché des protéines en poudre, afficher publiquement l'origine de chaque ingrédient est une pratique plutôt.. peu répandue. Chez nous, l'origine de chacun de nos ingrédients est détaillée ici. Et le cacao vient de République Dominicaine, où les sols sont naturellement pauvres en cadmium.
2. Ne confonds pas exposition ponctuelle et exposition cumulée. Si ta consommation de cacao se fait principalement via des produits cacaotés qui n’en contiennent qu’une portion, et que tu choisis des marques qui présentent certaines garanties, tu n’as pas de souci à te faire.
Conclusion
Ce qui compte, ce n'est pas l'ingrédient en lui-même. Un aliment qui contient du cacao n'est pas automatiquement problématique.
Ce qui compte, c'est la combinaison de deux choses :
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La qualité du sourcing : un cacao bien sourcé, issu d'un terroir à faible concentration en cadmium, c'est déjà une protection très concrète par rapport à un produit de moins bonne qualité, sans traçabilité clairement établie
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L’exposition globale : le cadmium s'accumule dans l'organisme sur le long terme. Ce qui compte, c'est l'addition de toutes tes sources, pas un seul produit pris isolément. Une portion de protéine au cacao bien sourcée, dans une alimentation variée, ne sera jamais un problème.
Et si tu veux aller plus loin dans l'art de lire une étiquette de protéine et de décrypter une liste d'ingrédients, on a aussi écrit sur le sujet des édulcorants, arômes et autres additifs 🙂
Bon à savoir
Si le sujet du cadmium t'inquiète, voilà une info qui remet les choses en perspective : chez les fumeurs, la cigarette est le principal facteur d’exposition au cadmium (une cigarette contient en moyenne 1 à 2 µg de cadmium). Le tabac est l'une des sources d'exposition les plus significatives.
FAQ
Le cacao contient-il du cadmium ?
Oui, naturellement. Le cacao fait partie des plantes qui absorbent le cadmium présent dans le sol au cours de leur croissance. Mais la concentration varie significativement selon l'origine géographique. Tous les cacaos ne se trouvent pas dans les mêmes zones de sol, et tous les niveaux d'exposition ne sont donc pas comparables.
Quel cacao a le moins de cadmium ?
Les cacaos issus de terroirs à faible activité volcanique et cultivés en agriculture biologique (sans engrais phosphatés, vecteurs de cadmium dans l'agriculture conventionnelle) présentent généralement les concentrations les plus basses. L'origine géographique précise reste le critère principal, avec un avantage pour certains terroirs préservés, comme Madagascar ou la République Dominicaine.
La maca contient-elle des métaux lourds ?
La maca peut, comme d'autres plantes, absorber des traces de cadmium selon les sols où elle pousse. La proportion de maca dans un blend protéiné est généralement faible, ce qui limite mécaniquement l'exposition via ce canal. L'origine de l’ingrédient et la certification bio restent des bons indicateurs.
Quelle protéine en poudre est sans métaux lourds ?
Aucune marque ne peut garantir une absence totale de traces, ces éléments étant naturellement présents dans l'environnement. Ce qui est vérifiable, c’est la transparence du sourcing. Si une marque n'affiche pas l'origine de ses ingrédients, c'est déjà mauvais signe.
Qu'a dit l'ANSES sur le cadmium dans les compléments alimentaires ?
Dans son rapport d'expertise collective publié le 25 mars 2026, l'ANSES souligne que l'alimentation est la principale source d'exposition au cadmium chez les non-fumeurs. Le rapport appelle à agir en priorité sur les engrais phosphatés en agriculture conventionnelle, et recommande aux consommateurs de varier leurs sources alimentaires et de modérer la consommation de certains aliments fortement exposés.